Un regard 360° sur les relations qui façonnent le réel
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Biographie
Économiste et chercheur français, enseignant à l'EHESS (CIRED — Centre international de recherche sur l'environnement et le développement). Spécialiste de l'économie du changement climatique et de la critique des théories économiques dominantes sur l'environnement. Comment les économistes réchauffent la planète (2016) est son premier grand essai.
Antonin Pottier appartient à cette nouvelle génération de chercheurs qui bousculent les frontières de l'économie académique. Là où Alain Supiot utilise le droit comme scalpel pour autopsier notre société, Antonin Pottier, ingénieur de formation (École des Mines) et économiste (maître de conférences à l'EHESS), utilise les outils de la modélisation pour attaquer le cœur du réacteur : l'incapacité de la science économique standard à penser la crise écologique.Ses idées, bien que solidement ancrées dans les mathématiques et la thermodynamique, débouchent sur des conclusions que le monde financier juge souvent iconoclastes, voire totalement "folles".1. Ses idées les plus radicales et subversivesLe grand aveuglement : L’économie ignore les lois de la physiquePour Pottier, l'économie dominante souffre d'une pathologie mentale grave : elle s’imagine hors sol. Dans ses modèles, le PIB peut croître à l'infini car la nature n'y est vue que comme un simple "secteur" parmi d'autres, pesant à peine quelques pourcents (l'agriculture et l'extraction ne représentent qu'une fraction du PIB mondial).L'idée folle : Il démontre l'absurdité de ce raisonnement. Si le climat se dérègle totalement et détruit l'agriculture, l'économie standard calcule que "le PIB mondial ne baissera que de 3 % car les services et l'industrie continueront". Pottier rappelle une vérité thermodynamique brute : sans base biophysique (énergie, nourriture, climat stable), les services et la finance s'effondrent à 100 %. L'économie dominante modélise un monde magique sans gravité.Le mythe toxique du "Capital Naturel" et de la compensationLa finance moderne adore le concept de "capital naturel" (donner un prix aux abeilles, aux forêts ou aux rivières pour les intégrer au marché). On prétend pouvoir "compenser" la destruction d'une forêt ici en plantant des arbres là-bas.L'idée forte : Pottier qualifie cette approche de supercherie logique. La nature n'est pas un capital interchangeable. Si vous détruisez un écosystème complexe ou si vous déglez le cycle de l'eau, aucun flux financier ne pourra le remplacer. Vouloir sauver la planète en lui attribuant un prix en euros est, selon lui, le paroxysme de la folie marchande.La critique frontale du "Prix du Carbone" comme solution miracleTous les économistes de marché jurent par la taxe carbone ou les marchés de quotas : "mettez le bon prix sur la pollution, et le marché s'ajustera tout seul".L'idée forte : Pottier a démontré mathématiquement l'échec de cette idée reçue. Le changement climatique n'est pas une simple "externalité" qu'on corrige avec un prix. Pour décarboner nos vies, il faut changer la structure même de nos villes, de nos transports et de nos industries. Un signal-prix seul ne fait pas pousser des lignes de train du jour au lendemain ; il pénalise juste les plus pauvres sans restructurer l'économie.2. Cartographie de ses œuvres majeuresAntonin Pottier construit une œuvre rigoureuse qui jette les bases d'une économie compatible avec les limites planétaires.Le livre fondateur : Comment les économistes réchauffent la planète (2016)C'est son ouvrage de référence et son coup d'éclat. Il y réalise une histoire critique de la pensée économique face au climat. Il dissèque notamment les travaux du prix Nobel William Nordhaus (concepteur des modèles économiques du climat). Pottier montre comment ces équations intègrent des hypothèses absurdes (comme le fait que le changement climatique n'affecte pas les activités humaines réalisées à l'intérieur des bâtiments !) pour conclure qu'un réchauffement de $+3^\circ\text{C}$ ou $+4^\circ\text{C}$ serait "optimal" économiquement. C’est le procès textuel de l'irresponsabilité des économistes orthodoxes.La réflexion collective : L'économie post-croissance (Co-auteur)Dans ses travaux de recherche et ses contributions, Pottier explore ce à quoi doit ressembler une économie qui accepte la stagnation, voire la décroissance matérielle. Il y analyse les mécanismes de redistribution, la redéfinition de la valeur et la nécessité de planifier physiquement (et non plus seulement financièrement) la transition énergétique.Le point de rencontre entre Supiot et PottierBien qu'ils viennent de disciplines différentes, les trajectoires intellectuelles d'Alain Supiot et d'Antonin Pottier se croisent de manière spectaculaire :Contre la religion des chiffres : Là où Supiot dénonce la Gouvernance par les nombres dans le droit et le management, Pottier dénonce la Gouvernance par les modèles de marché en économie.Le retour au réel : Tous deux affirment que l'obsession de la marchandisation universelle (marchandiser le travail pour Supiot, marchandiser le climat pour Pottier) mène l'humanité à sa perte.En résumé : Antonin Pottier est l'économiste qui rappelle à ses pairs que les lois de la physique et de la biologie ne négocient pas avec les lois du marché. Une voix indispensable pour désintoxiquer l'économie de son mythe de la croissance infinie.
Antonin Pottier appartient à cette nouvelle génération de chercheurs qui bousculent les frontières de l'économie académique. Là où Alain Supiot utilise le droit comme scalpel pour autopsier notre société, Antonin Pottier, ingénieur de formation (École des Mines) et économiste (maître de conférences à l'EHESS), utilise les outils de la modélisation pour attaquer le cœur du réacteur : l'incapacité de la science économique standard à penser la crise écologique.Ses idées, bien que solidement ancrées dans les mathématiques et la thermodynamique, débouchent sur des conclusions que le monde financier juge souvent iconoclastes, voire totalement "folles".1. Ses idées les plus radicales et subversivesLe grand aveuglement : L’économie ignore les lois de la physiquePour Pottier, l'économie dominante souffre d'une pathologie mentale grave : elle s’imagine hors sol. Dans ses modèles, le PIB peut croître à l'infini car la nature n'y est vue que comme un simple "secteur" parmi d'autres, pesant à peine quelques pourcents (l'agriculture et l'extraction ne représentent qu'une fraction du PIB mondial).L'idée folle : Il démontre l'absurdité de ce raisonnement. Si le climat se dérègle totalement et détruit l'agriculture, l'économie standard calcule que "le PIB mondial ne baissera que de 3 % car les services et l'industrie continueront". Pottier rappelle une vérité thermodynamique brute : sans base biophysique (énergie, nourriture, climat stable), les services et la finance s'effondrent à 100 %. L'économie dominante modélise un monde magique sans gravité.Le mythe toxique du "Capital Naturel" et de la compensationLa finance moderne adore le concept de "capital naturel" (donner un prix aux abeilles, aux forêts ou aux rivières pour les intégrer au marché). On prétend pouvoir "compenser" la destruction d'une forêt ici en plantant des arbres là-bas.L'idée forte : Pottier qualifie cette approche de supercherie logique. La nature n'est pas un capital interchangeable. Si vous détruisez un écosystème complexe ou si vous déglez le cycle de l'eau, aucun flux financier ne pourra le remplacer. Vouloir sauver la planète en lui attribuant un prix en euros est, selon lui, le paroxysme de la folie marchande.La critique frontale du "Prix du Carbone" comme solution miracleTous les économistes de marché jurent par la taxe carbone ou les marchés de quotas : "mettez le bon prix sur la pollution, et le marché s'ajustera tout seul".L'idée forte : Pottier a démontré mathématiquement l'échec de cette idée reçue. Le changement climatique n'est pas une simple "externalité" qu'on corrige avec un prix. Pour décarboner nos vies, il faut changer la structure même de nos villes, de nos transports et de nos industries. Un signal-prix seul ne fait pas pousser des lignes de train du jour au lendemain ; il pénalise juste les plus pauvres sans restructurer l'économie.2. Cartographie de ses œuvres majeuresAntonin Pottier construit une œuvre rigoureuse qui jette les bases d'une économie compatible avec les limites planétaires.Le livre fondateur : Comment les économistes réchauffent la planète (2016)C'est son ouvrage de référence et son coup d'éclat. Il y réalise une histoire critique de la pensée économique face au climat. Il dissèque notamment les travaux du prix Nobel William Nordhaus (concepteur des modèles économiques du climat). Pottier montre comment ces équations intègrent des hypothèses absurdes (comme le fait que le changement climatique n'affecte pas les activités humaines réalisées à l'intérieur des bâtiments !) pour conclure qu'un réchauffement de $+3^\circ\text{C}$ ou $+4^\circ\text{C}$ serait "optimal" économiquement. C’est le procès textuel de l'irresponsabilité des économistes orthodoxes.La réflexion collective : L'économie post-croissance (Co-auteur)Dans ses travaux de recherche et ses contributions, Pottier explore ce à quoi doit ressembler une économie qui accepte la stagnation, voire la décroissance matérielle. Il y analyse les mécanismes de redistribution, la redéfinition de la valeur et la nécessité de planifier physiquement (et non plus seulement financièrement) la transition énergétique.Le point de rencontre entre Supiot et PottierBien qu'ils viennent de disciplines différentes, les trajectoires intellectuelles d'Alain Supiot et d'Antonin Pottier se croisent de manière spectaculaire :Contre la religion des chiffres : Là où Supiot dénonce la Gouvernance par les nombres dans le droit et le management, Pottier dénonce la Gouvernance par les modèles de marché en économie.Le retour au réel : Tous deux affirment que l'obsession de la marchandisation universelle (marchandiser le travail pour Supiot, marchandiser le climat pour Pottier) mène l'humanité à sa perte.En résumé : Antonin Pottier est l'économiste qui rappelle à ses pairs que les lois de la physique et de la biologie ne négocient pas avec les lois du marché. Une voix indispensable pour désintoxiquer l'économie de son mythe de la croissance infinie.
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